Le rodage du scooter




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Le rodage est une étape très importante de la vie du scooter et du scootériste. Souvent frustrant, on le dit parfois devenu inutile, il n’en reste pas moins qu’un bon rodage fait souvent un bon scooter !

Qu’est-ce que le rodage ?

Le rodage, comme son nom l’indique, est une période d’adaptation durant laquelle les pièces mécaniques du scooter vont se mettre en place. Tous les éléments du scooter se doivent se roder, mais celui qui est le plus directement impacté est le moteur. Le rodage est une période durant laquelle on considère qu’il ne faudra pas exploiter le moteur du scooter au maximum de ses capacités. Ceci résulte en une limitation volontaire du régime moteur ou encore de la vitesse maximale pendant une période donnée.

La durée du rodage est fixée par le constructeur en fonction des caractéristiques du moteur. Elle est mesurée en kilomètres. En règle générale, les constructeurs préconisent 1000 km de rodage pour un plus de 125 cm3 et 500 km pour un 50 cm3. Un rodage s’effectue en plusieurs parties ou “paliers”. En fonction du palier atteint et conformément aux indications du manuel de l’utilisateur ou du manuel d’entretien (voir du concessionnaire), on augmente progressivement le régime moteur maximal ou la vitesse maximale. Les premiers temps, un scooter 125 cm3 en rodage ne devrait ainsi pas dépasser les 75 km/h.

Les 500 premiers kilomètres sont à effectuer en suivant les recommandations constructeur, inscrites dans le manuel utilisateur ou le manuel d’entretien, ou en écoutant attentivement le concessionnaire au moment de la livraison de son scooter. Pensez à poser la question !

Vous pouvez par la suite augmenter la vitesse ou le nombre de tours minutes par paliers successifs de 100 kilomètres et ce jusqu’aux 1000 premiers kilomètres. C’est alors qu’intervient la première révision. Pendant ce rodage, des particules métalliques se sont détachées des pièces moteur et mélangées à l’huile qui les lubrifie. L’huile a elle-même perdu de ses propriétés lubrifiantes en chauffant et en se “chargeant”. Tout ceci confère d’ailleurs à l’huile moteur une couleur souvent noire et une densité importante. Cette huile moteur des 1000 premiers kilomètres doit impérativement être rapidement remplacée. Tout comme de l’eau chargée en sable, elle dispose d’un pouvoir abrasif à même de compromettre le bon fonctionnement du moteur, et elle n’assure plus parfaitement son rôle. Le moteur se libère au fur et à mesure, donnant progressivement le maximum de son potentiel. Inutile donc de penser que passé le cap magique des 1000 kilomètres, on peut enfin rouler toujours en zone rouge et pousser à fond. Ce serait continuer à fragiliser le moteur. Allez-y progressivement et faites une pointe dans les tours de temps en temps, histoire d’habituer votre mécanique fraîchement “rodée”.

N’oubliez pas que tout comme le moteur, sur un véhicule neuf ou refait à neuf, on rode également les plaquettes de frein, les pneumatiques et le cas échéant la boite de vitesse.

En bref : Pour un bon rodage, suivez les recommandations constructeur, inscrites dans le manuel d’utilisateur ou le manuel d’entretien. Le rodage est une question de patience, mais on est récompensé par un meilleur fonctionnement de son moteur et des pièces mécaniques.

Pourquoi effectuer un rodage ?

Le rodage est une opération cruciale. Il détermine le bon fonctionnement du moteur, sa fiabilité et sa longévité. Comme vous le savez, un moteur est assemblé dans une usine et chaque pièce qui le constitue est unique. Même si tout jeu est invisible à l’oeil nu, les pièces ne sont pas parfaitement assemblées. Des pressions, même infimes, s’exercent sur les pièces, et la surface du piston (monsieur) et de la culasse (madame) n’ont encore jamais frictionné (fricoté si vous préférez). Imaginez maintenant une clef de contact neuve. Quand vous la mettez dans le contacteur, elle “accroche”, et vous sentez que les éléments de la serrure se placent et jouent ensemble. Il faudra d’ailleurs un certain temps pour que les deux éléments : la clef et la serrure, se fassent l’un à l’autre et que vous n’ayez plus aucune difficulté à mettre le contact ou encore à ouvrir une porte. Il en va de même dans le moteur, où toutes les pièces vont se caler les unes par rapport aux autres (piston, chambre, chemise, bielles, vilebrequin etc.). L’ennemi mécanique par excellence, c’est la température. C’est d’ailleurs pour cela que l’on parle d’un moteur froid.

A froid, la lubrification n’est pas encore optimale. L’huile moteur (par exemple) n’a pas atteint la température à laquelle elle assure pleinement son rôle : elle est comme figée. Elle ne peut donc pas permettre à tous les éléments mobiles de coulisser sans heurts et sans se détériorer. C’est un peu comme effectuer un ponçage au papier de verre à grain très fin et à sec au lieu de mettre un peu d’eau ou d’huile : l’abrasion des surfaces est importante et surtout peu précise. On se retrouve donc avec des pièces ayant plus de jeu les une par rapport aux autres, ce qui se montre nuisible pour les performances et la consommation d’huile ou d’essence.

Visualisez bien le fait qu’un moteur joue sur la compression (façon pompe à vélo) et nécessite donc d’une part que les pièces soient le plus libre possibles (donc les moins usées et les mieux ajustées possible), et d’autre part que l’on n’ait pas de fuite dans le “circuit” de compression. Un bon rodage est le garant d’une bonne puissance et d’un bon couple, ainsi que d’un fonctionnement optimum du moteur.

A chaud, les pièces mécaniques se dilatent. Elles prennent donc plus de place. C’est d’ailleurs pour cela (en partie) que l’on dit que les moteurs “serrent” (donc cassent). Une mauvaise lubrification, une lubrification incomplète ou encore une hausse de la température moteur traduisent ou induisent mécaniquement une hausse de la température des pièces. Outre le fait de les fragiliser, ceci a également pour effet de les faire gonfler. Qui dit gonflement dit plus de volume, qui dit plus de volume dit plus de pression sur les parois, et ce qui peut être bon dans un certain contexte ne l’est ici pas du tout… Ca coince !

En bref : roder garantit à la fois longévité, puissance et couple optimums. Evitez la surchauffe moteur. Evitez de rouler vite moteur froid.

Comment bien roder son scooter ?

Avant toute chose, consultez le manuel d’utilisateur ou demandez conseil à votre concessionnaire.

Prenez soin de bien laisser chauffer le moteur lors de chaque démarrage. Alternez les rythmes, variez les styles de conduite, et ne conservez pas tout le temps la même ouverture des gaz (l’accélérateur). Pensez que sur un scooter, on rode également le variateur et la transmission automatique. Freinez avec discernement, et pensez également aux pneus neufs. Ces derniers demandent 100 à 200 kilomètres pour être parfaitement rodés (du moins sur la bande de roulement). Evitez les freinages appuyés (levier comprimé au maximum) ou de freiner longuement. Ceci a pour effet de glacer les plaquettes de frein, elles auront alors tendance à ne plus accrocher d’une part, et elles se mettront à couiner d’autre part…

Jouez de l’accélérateur, et surtout ne stressez pas si vous devez dépasser le régime maxi de manière occasionnelle. Ne vous mettez jamais en danger pour sauvegarder le rodage, quelques exceptions à la règle ne mettront pas en péril l’opération. C’est sur la durée qu’un rodage devient pertinent, et surtout en respectant la mécanique. Elle vous le rendra !

Le rodage d’un scooter est plus simple en apparence qu’il n’y parait. Il n’en est pas moins important. Un scooter bien rodé roulera vraisemblablement plus vite, et ses accélérations n’en seront que meilleures. Sans parler de l’entretien moindre. A vous de voir.

En bref : prenez votre mal en patience, respectez la mécanique, effectuez le rodage lors de multiples trajets.

Article de motoservices.com

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